Le Transsibérien

Voyage aux confins de la Russie, de la Venise du Nord à la frontière Mongole

L’un des buts premiers de commencer notre voyage par la Russie était d’emprunter la mythique voie du Transsibérien afin de traverser le plus vaste pays au monde.

Admirer les paysages qui défilent en voyageant à une moyenne de 50 km/h, rencontrer une multitude de gens différents et s’enfoncer petit à petit dans cet immense pays. C’était un rêve de longue date pour Laure, une grande découverte pour Julien et nous sommes vraiment heureux d’avoir pu vivre cette expérience hors du temps.

Contrairement à l’idée que l’on a du Transsibérien, ce n’est pas un train spécifique mais une ligne de chemin de fer traversant la Russie d’Est en Ouest. Les trains qui empruntent ces lignes de chemin de fer sont nombreux et très différents. Certains sont très luxueux et destinés au tourisme, d’autres présentent un confort sommaire et sont notamment empruntés par les locaux.
Le trajet originel part de Moscou et arrive à Vladivostok. Sans escale, il faut 6 jours pour parcourir les 9000 km séparant les 2 villes. Deux autres lignes existent : le Transmandchourien, qui passe par la Chine, et le Transmongole qui relie Moscou à Pékin en passant par la Mongolie.

C’est ce dernier trajet que nous avons choisi afin de s’arrêter quelques temps en Mongolie puis rejoindre la Chine. Malheureusement, à cause du Coronavirus, nous serons finalement obligés de prendre un avion directement depuis Oulan-Bator (capitale de la Mongolie).

Nous nous embarquons donc dans l’aventure du Transsibérien en choisissant de faire plusieurs et en voyageant surtout de nuit. Les trains couchettes ont 4 classes différentes :
– La 1ère, appelée ‘Spalny’ est confortable mais peu conviviale avec des compartiments de deux lits.
– La 2ème, ‘Kupé’, dont les compartiments ont 4 lits.
– La 3ème, ‘Platskart’ où les wagons ne sont pas compartimentés. Il y a 54 couchettes organisées en carrés de 4 places et 2 places latérales (en lits superposés). Le confort est sommaire mais suffisant et cela permet d’être au contact des locaux.
– Les places assises. Elles n’existent pas dans tous les trains mais sont disponibles pour certains trajets.

Nous avons choisi de voyager en 3ème classe (mettre plutôt nom Russe) dès que possible afin de vivre une expérience plus authentique et de limiter le coût des trajets. Au final nous avons fait Saint Petersbourg – Ulan Ude avec 6 étapes intermédiaires pour un coût de 356 euros à deux. 

Dans le train

L’expérience de la troisième classe est inoubliable. Les gens y sont d’une grande gentillesse et discrétion et nous ont souvent aidés à ranger nos sacs au-dessus des lits. Malgré la barrière de la langue nous avons pu, sur un trajet, longuement échanger avec une équipe de jeunes volleyeuses très surprise de voir 2 français équipés d’énormes sac à dos. Ce fut probablement, à l’heure où nous écrivons ces lignes, notre meilleure expérience dans des transports, que ce soit pendant ce voyage ou même nos précédents.
La plupart du temps, nous sommes montés dans le train dans la soirée et descendus le lendemain matin. Après l’agitation de l’installation et de l’organisation de chacun le calme revient et la plupart des gens dinent avant que les lumières s’éteignent pour la nuit. Les repas sont, le plus souvent, composés de soupes de pâtes ou de purées instantanées. Un samovar d’eau chaude est à disposition au bout de chaque wagon afin de pouvoir les préparer et boire du thé brûlant (boisson incontournable en Russie).
Afin de profiter encore plus de l’expérience du transsibérien nous avons choisi de parcourir 1849 km d’une traite entre Novossibirsk et Irkoutsk ce qui équivaut à 33 heures de train, dont deux nuits. La vie dans le train est hors du temps, chaque voyageur a son rythme en fonction de la durée de son trajet. Certains ne dorment pas du tout car ils arrivent à destination au milieu de la nuit, d’autres arrivent au petit matin et ne se lèvent presque pas de la journée. Pour nous, ces 34 heures de train, sont passées vite et ont été une belle occasion pour se reposer et ne rien faire. Une journée de plus ne nous aurait pas dérangés !

Kazan

830 km / 11h35 de train

Notre première étape après Moscou, Kazan, est la capitale du Tatarstan et se situe sur la rivière Volga. Dans son Kremlin dont les remparts sont blancs, contrairement à celui de Moscou, nous avons pu admirer la mosquée Qolsharif, immense et majestueuse, inaugurée en 2005.
En contrebas du Kremlin, se trouve le gigantesque ministère de l’agriculture. Déjà impressionnant la journée, il se pare d’un éclairage somptueux de nuit. Notre balade continue sur les quais aménagés de la Volga.
On y trouve une immense patinoire qui longe la rivière et de nombreux petits restaurants et terrasses. Pourtant vu le froid, pas besoin de patinoire pour s’amuser, nous avons croisé des jeunes occupés à glisser sur de fines bandes de glace qu’ils ont déneigées au préalable.

Iekaterinbourg

948 km / 14h12

Cette ville était appréciée des Tsars de Russie et c’est ici que cette dynastie a connu une fin tragique avec l’exécution de Nicolas II, sa femme Alexandra et leurs 4 enfants, en 1918. Dans les églises de la ville, nous observons de nombreuses icônes de l’Empereur et sa famille. En effet, reconnus comme martyrs, la famille a été canonisée bien plus tard et a donc sa place parmi les icônes.
La ville est assez étendue mais son centre est construit autour d’une rivière dont les quais sont aménagés pour pouvoir s’y balader tranquillement. Afin de pouvoir visiter la ville sans avoir le nez sur une carte, des lignes sont peintes au sol, bien utiles pour aller d’un monument à un autre. En hiver, avec la neige recouvrant les trottoirs, c’est un peu plus compliqué.
Nous avons aussi croisé de nombreuses sculptures de glace, notamment au pied des églises. A leur côté des toboggans, en glace également, où les enfants s’en donnent à cœur joie sur leur luges. Nous retrouverons d’ailleurs des installations de jeux similaires dans les villes suivantes.

 

 

Omsk

898 km / 12h22

Petite ville toujours plus à l’Est, notre court séjour y fut agréable. Beaucoup de restaurants, cafés et bars en tout genre y sont présents. Le centre-ville se visite en une demi-journée.
Ce que nous avons le plus apprécié dans cette ville est la magnifique église orthodoxe très finement décorée que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur.

Novossibirsk

627 km / 8h11

 

Plus grande ville de Sibérie, cette ville détonne par ses avenues immenses, il n’est pas rare de tomber sur un croisement d’avenues de 2 fois 4/5 voies…
C’est dans cette ville que se trouve également le plus grand opéra de Russie. En effet la coupole du bâtiment peut recouvrir à elle seule l’ensemble du Bolchoï de Moscou. Nous y assisterons au ballet du Lac des Cygnes de Tchaïkovski et réaliserons ainsi l’un des rêves de Laure !

Irkoutsk

1849 km / 1 jour et 9h47

Avant dernière ville de notre périple Russe, Irkoutsk est le point de départ de bon nombre de visites sur le lac Baïkal. Nous y passerons 2 nuits avant d’aller au lac et une à notre retour.
Après avoir passé pas loin de 33 heures dans le train, l’arrivée fut assez rude. En effet nous sommes arrivés vers 8h du matin, heure à laquelle beaucoup de monde utilisent les bus et autres transports en commun pour se rendre au travail. Nos gros sacs n’ont pas été appréciés…
Passée cette arrivée chaotique, nous découvrons une ville à taille humaine, sans grandes avenues, ni de grand bâtiments. L’ambiance est plus calme et il y fait même bon vivre. Des quais aménagés pour la balade en passant par les rues piétonnes et le quartier historique, la ville se laisse découvrir à un rythme tranquille.

Lac Baïkal

 

Dans la foulée de notre arrêt à Irkoutsk, nous sommes allés passer quelques jours sur l’île d’Olkhon sur le lac Baïkal. L’endroit mérite plus que quelques lignes, c’est pourquoi nous y avons consacré une page entière.

Oulan-Oudé

456 km / 8h33 

Derrière étape de ce beau pays, Oulan-Oudé sera notre étape couchsurfing (hébergement gratuit chez l’habitant) de Russie. Nos stop précédents étant relativement courts, nous avions plutôt opté pour des auberges de jeunesses, voir des hôtels à bas prix.
C’est donc chez Aleksandra et Vassili que nous passerons deux nuits, un couple de jeunes ayant vécu 2 / 3 ans à Pékin et revenu dans leur ville natale pour monter une école d’anglais. Leur accueil, leur aide et les échanges que nous avons eu nous ont permis de finir sur une très bonne note cette étape Russe.
La ville, ouverte aux étrangers seulement depuis 1991, est assez petite mais entourée de montagne ce qui lui donne des airs familiers. Lorsque l’on monte sur les hauteurs de la ville, le parallèle avec Grenoble est assez immédiat.
A l’extérieur de la ville se trouve le plus important temple bouddhiste de Russie, le ‘Datsan Ivolguinsky’. L’on peut y observer la momie d’un moine parfaitement conservée.
Oulan-Oudé étant située non loin de la frontière avec la Mongolie, des bus font tous les jours la liaison avec Oulan-Bator. C’est par cette voie que nous rejoindrons la Mongolie.

 

L’aventure Russe se termine, le périple en Mongolie commence !!